ECOLE DE L'AIA
HEBERGE A L'INSTITUT INDUSTRIEL DE MAISON CARREE

1942 - 1943


Les Alliés débarquent en Afrique du Nord. Le pays s’engage massivement dans le combat pour la libération de la Tunisie, d’abord, puis de la Métropole ensuite. Pour cela, l’armée de l’Air a un rôle prépondérant, et les AIA. sont mis à contribution pour la maintenance des appareils : 4000 moteurs, 6000 avions furent ainsi  réparés ou entretenus  entre 1942 et 1943. Selon le général MARTIN, l'année 1943 est marquée par un développement spectaculaire de l’AIA. de Maison Blanche et de ses annexes  Blida et  Boufarik, ainsi que  les ateliers  d’Oran et de Casablanca.

L’AIA. de Maison Blanche employa plus de 3000 personnes.

Les Alliés ont trouvé dans ces établissements une logistique bien adaptée et l’ont utilisée

Toutefois, le manque de main-d’œuvre en spécialités aéronautiques est un lourd handicap.

- Les jeunes  militaires, en cours de formation à l’école de l’A.I.A., sont de nouveau  mobilisés, tout comme les ouvriers et techniciens spécialistes. 

- Les établissements d’enseignement général technique.

( EPS) sont fermés, réquisitionnés pour abriter les services de maintenance des matériels des  armées alliées, avec comme lourde conséquence l’absence de jeunes en formation.  

- Le pays est notoirement sous-développé techniquement: une seule école, l’Institut Industriel d’Algérie, préparait 30 élèves par promotion aux écoles d’ingénieurs de Métropole. Cet institut est d’ailleurs fermé.

- D’autres écoles à finalité technique manuelle, comme celle de Dellys, ou l’École Pratique Industrielle (EPI) du Ruisseau à Alger formaient surtout de très bons ouvriers qualifiés sans spécialisation et de niveau brevet élémentaire. Ces écoles étaient aussi fermées.   

Face à ces réalités, des voix d’horizons différents se manifestent et conjuguent leurs efforts pour trouver une solution  qui engagera le développement et l’avenir du pays.

C’est ainsi que des noms sont avancé: Le gouverneur général de l’Algérie, le général WEISS, commandant la 5ème région aérienne, les responsables de l’AIA de Maison Blanche, l’ingénieur en chef Jacques MARTIN, l’ingénieur principal JERROLD, les responsables syndicalistes, Mrs. GARCONNET, DURAND,  ROUCHON, KERVELA,  des représentants de l’éducation nationale  et bien d’autres .

Un projet d’école pour la formation des jeunes aux différents métiers de l’industrie aéronautique prend corps. C’est avec l’aval de la plus haute instance de ce pays, le Gouvernement Général de l’Algérie,  que la création de cette école professionnelle de l’air est envisagée.  Cette école formera une main-d’œuvre hautement qualifiée de techniciens en spécialités aéronautiques. Elle sera gratuite et ouverte à tous.  

Il fut décidé de faire évoluer l’école de l’AIA, d’utiliser ses structures existantes pour lancer cette nouvelle école. Mais qui en eu l’idée ? Nul ne le sait aujourd’hui.   

Dans un premier temps, Mrs. GARCONNET, BROUSTEAU André, DURAND,  ROUCHON, pour la partie technique, KERVELA pour l’administratif, prirent la responsabilité de l’école de l’AIA. Les formations en cours furent poursuivies jusqu’à leurs termes, interrompues pour certaines.   

Notre ami Georges ZAMMIT nous précise que les cours avaient lieu deux fois par semaine, pour l’enseignement technologique à l’AIA de Maison Blanche et pour la partie pratique, à l’institut industriel de Maison Carrée.

Pourquoi à Maison Carré Tout simplement, parce que l’AIA étant saturé par les travaux pratiques, l’école a du s’exiler dans cet établissement réquisitionné par l’armée, et ainsi mis à disposition. Est-ce la vraie et seule raison ? J’en doute fort.

Parmi les élèves qui prenaient le train Alger  - Maison Blanche se trouvait Robert MARCELLIN, notre regretté camarade de la 2ème promotion de l’E.N.P.A. qui termina tout de même commandant de bord à Air France.