NAISSANCE NOUVELLE ECOLE DE L'AIA

Octobre 1944


Au centre: Bloc bâtiments avec toits : notre EPA

Une annonce parue, en ce mois d’octobre 1944, dans la presse algérienne, qui surprit de nombreuses familles, particulièrement celles de la région d’Alger. Quelques mois plutôt, le Centre d’apprentissage de Maison Blanche avait fermé au grand dam de ceux qui misaient sur cette filière professionnelle très prisée. En cette fin d’année, cette école renaissait ….

ECOLE d’APPRENTISSAGE DE l’AIA de MAISON BLANCHE

L’atelier industriel de l’air de Maison Blanche rouvre son école d’apprentissage sur des bases nouvelles. Cette école a pour but de former, pour l’industrie aéronautique, un personnel d’une haute qualification professionnelle.

Au cours de trois années normales d’études, les principales professions enseignées seront:

Ajustage - Chaudronnerie - Menuiserie - électricité - Mécanique - Dessin industriel - Administration

Les jeunes gens seront orientés vers la spécialité qui leur conviendra le mieux, telle que: monteur régleur d’astronef, metteur au point de moteurs d’avions, rédacteur technique.

Au cours de la quatrième année, l’élite des jeunes professionnels façonnés par l’école recevra une formation spéciale lui permettant d’accéder à la petite maîtrise des AIA.

Les éléments remarquables de cette quatrième année seront dirigés vers les facultés techniques: ils seront destinés à former les cadres supérieurs des AIA.

Le régime de l’école, est l’internat gratuit. Tous les frais d’études, de trousseau et de voyage sont à la charge de l’école. (Alger Républicain 26/10/44 – écho d’Alger 25-26-27-28/10/44).

Un vrai rêve, une véritable aubaine pour les jeunes en âge de se présenter au concours fixé aux 8 et 15 novembre.

Le concours d’entrée aura lieu le 15 novembre 1944 à Alger et Blida.

Les épreuves comprendront:


Le jour du concours, les candidats devront apporter:


En raison des circonstances, l’oral est supprimé. En outre, il était précisé que pour le Centre d’Alger les candidats au concours devaient se présenter à la salle Gsell, 2 rue Michelet.

RESULTATS DU CONCOURS du 15 NOVEMBRE:

La presse algéroise du 13 décembre 1944 communique:

école d’apprentissage de l’A.I.A. – Alger Maison Blanche.

Candidats reçus au concours d’entrée du 15 novembre 1944. Liste par ordre de mérite:
ROUESNEL René - AESBACHER Claude - BAUDOIN Guy - SIMONGIOVANI Eugène - MESTRE Alexandre - BIREPINTE Robert - GISBERT Paul - BOURDIS Yvon - CANNICCIONI François - BOURELLI Roland - MUNIER Charles - RODRIGUES Martin - CHABRA Albert - ELMOSTINO Joseph - NOUVION Charles - BOSC Maurice - MARTIN Georges - ORS Claude - BUTTIGIEG Georges - LOZANO François - GIRARD Jean - TORDJMAN Norbert - MURACCIOLE Martial - CARSENAC André - MORA Kléber - LORENZO Roland - LACOTE Roland - VIGUOUROUX - JAUMILLOT Valentin - BIRON Jean - MAURIEGE Antoine - BARCELO Philippe - YAHIA Rachid - ARAGNI Georges - ANDRY Jean - BONNET Pierre - BENKHALIL Omar - VERSINI Pierre - AUROIRE Roland - RIBES édouard - LANNIER Yves - BARACHINI Roger - MARANDAT Max - CROUZET Alfred - BONDUELLE Pierre - CHAUVOT Robert - CHOLET Maurice - MIRALLES Christian - PERSHON Aimé - COURET Bernard - DURAN Alphonse - BIREPINTE Jean - WIDENLOCHER Georges - PUJOL Maurice - GUEZOULI Mohamed - LAURRAIN André - ISSELIN émile - THOMAS Jean - BIANCARELLI Jean - SIMON Pierre - ARROUAS Alexandre.



1945 - PREMIERE PROMOTION - ETAPE: MAISON CARRE

EPA: 1ere promotion, février 1945



Février: Hébergement à l’institut de Maison-Carrée.

C’est la rentrée pour ces 61 élèves de la première promotion de cette nouvelle école professionnelle de l’air. Afin d’être tous présents à l’ouverture des classes, ce lundi à 8 heures précises, les 61 jeunes élèves sélectionnés, originaires de toute l’Afrique du Nord et même de Métropole rejoignent Belfort-Maison Carrée un dimanche pour découvrir leur nouvelle résidence: l’Institut Industriel d’Algérie.

Les élèves formèrent deux groupes affectés aux classes A et B. L’occupation fut la suivante:


Les cours théoriques allaient être dispensés par les professeurs:


Anecdote: Lors d’une des premières prises de contact, il avait démontré magistralement que seul un élève par classe devait se montrer attentif à ses cours, que lui seul en aurait besoin pour une utilisation ultérieure. De tous les autres, il avait sollicité le calme. Il avait procédé par éliminations successives et sa démonstration avait duré 20 minutes. Nous avions été particulièrement surpris et captivé.


Les cours pratiques étant assurés par les instructeurs de l’ancienne école de l’AIA:


MAI :

Les élèves de la première promotion sont soumis à rude épreuve. Ils doivent assimiler en cinq mois les programmes prévus pour neuf, cela à raison de 11 heures de cours par jour. Et surtout la sélection est draconienne: leurs travaux sont contrôlés chaque jour et en fin de semaine il faut avoir obtenu la moyenne de survie, sinon c’est l’élimination. Combien en restera-t-il en fin d’année scolaire?

Ils doivent faire face également à d’autres séries d’épreuves presque aussi éprouvantes.

- Nous sommes, faut-il le rappeler, au mois historique de mai 1945, avec des souvenirs inoubliables:

- Le 1er : soirée de l’école à Fort de L’Eau. Déjà!

- Le 4 : prise de Berlin fêtée comme il se doit à l’école et à Maison Carrée.

- Le 8 : capitulation de l’Allemagne. Nuit blanche pour tous.

Heureusement l’insouciance de la jeunesse prédomine, les rires aussi.

Une rue sépare l’institut agricole qui abrite l’une des classes, de l’institut industriel où se trouvent les dortoirs de l’autre classe. A un moment la classe B réintègre l’institut industriel et cède la place à une compagnie de «jeunes anglaises» de l’armée britannique.

Ce rapprochement des deux classes provoque un petit séisme où polochons, seaux d’eau et même mousse d’extincteurs participent à une bataille mémorable, occasionnant de sérieux dégats.

Que dire de la proximité des dortoirs avec celui des filles d’à coté? Certains élèves passaient leur soirée l’œil collé aux vitres pour entrevoir un coin de chair blanche; ou encore engageaient des paris insensés consistant à grimper du deuxième au troisième étage par les façades extérieures.

Ajoutez à ces délires, des manifestations générales (déjà) causées par des soucis de confort: toilettes complètement bouchées, ou encore des rationnements de nourriture dûs à des défaillances de l’économat en cette période de fin de guerre, et vous pourrez juger des conditions difficiles dont nous parlions.

Au retour des vacances, Mr. SALICHON, surveillant général sensiblement du même age que les élèves, mis fin à cette discipline très large, jusque là librement consentie.

C’est en mai également que nous eûmes la première visite officielle du secrétariat de l’Air en la personne de Mr. Charles TILLON qui fut ministre l’année suivante.



1945 - 2ème PROMOTION:

    Elle a essuyé avec la promotion suivante «les plâtres du gros œuvre».

Nous sommes encore aux fondements de l’école, à ses balbutiements, avec tous les aléas qui s’y rapportent.

Tout est encore à construire, à peaufiner, à asseoir. Ce n’est pas sans quelques heurts.

C’est à ce point vrai que nous nous permettons « déjà» non sans raison des manifestations de saute d’humeur, des grèves de la faim, par exemple, mais la discipline appliquée était librement consentie durant toute la scolarité. Il y a eu des dérapages, de gros chahuts, mais aucun débordement sérieux. Les résultats finaux sont là pour le prouver.